Monsieur le Maire,

À l’écoute et à la vue de vos dernières interventions, tant orales qu’écrites, tant en public qu’en privé, il me semblait indispensable de vous écrire. Et puisque j’aime la transparence, la franchise et l’honnêteté, la forme de la lettre ouverte me paraissait appropriée.

 

Car voyez-vous, Monsieur le Maire, vous utilisez votre position de premier édile de la ville pour tenter de porter atteinte à ma réputation et de sauver la face suite à mes écrits. J’ai bien conscience que votre démarche est purement politique, cela signifie bien que vous me voyez comme un danger et cela est pour moi un motif de grande fierté.

En réalité Monsieur le Maire, si vous étiez réellement révolté comme vous essayez de le laisser paraitre ou si tout simplement vous étiez dans l’incompréhension, vous m’auriez déjà invité à venir m’expliquer en personne dans votre bureau ou vous m’auriez abordé dans la rue comme vous savez si bien le faire pour en discuter de vive voix.

Vous auriez pu venir m'interpeller lors de notre manifestation devant la Mairie. Après tout, j'étais facilement identifiable malgré les quelques 300 à 400 personnes présentes. Peut-être ne m'avez-vous pas vu du fait du manque d'éclairage publique que vous avez volontairement éteint, plongeant ainsi des hommes, des femmes et des enfants dans le noir, certainement pour marquer votre considération immense à leur égard. Il est évident que je condamne ces pratiques non républicaines.

Je suis même aller jusqu'à appeler votre cabinet puis à écrire pour indiquer que j'étais prêt à vous rencontrer et à échanger avec vous suite à vos réactions violentes à mon égard. Mais vous n'avez pas chercher a me rencontrer car vous tentez de tout récupérer dans la sphère politique.

La vérité est bien cruelle, mes propos n’étaient ni injurieux ni diffament. Sur le ton de l’ironie, j’ai mis à nue une vérité intolérable, je vous ai mis face à vos agissements si injustes et si discriminants. Tout simplement.

Vous remarquerez l’emploi volontaire du « je » car bien que ce soit difficile à comprendre pour vous, le « je » souligne mes convictions mais j’ai également la chance de faire partie d’une communauté millénaire et dépositaire d’une culture antique et humaniste : la communauté copte. Et puis, au risque de vous surprendre, je suis un citoyen français, engagé politiquement au sens noble du terme, qui aime son pays, qui aime la ville où il a toujours vécu, bref en d’autres termes, un citoyen libre.

Mes propos n’engagent donc que moi et je suis prêt à les justifier de visu face à vous. Arrêtez donc votre amalgame stupide avec la communauté copte toute entière. Amalgame que vous cultivez dans le seul but de vous trouver une porte de sortie politique devant l’intolérable décision que vous avez prise, pleinement conscient de ses conséquences : chasser à terme les coptes de la ville.

Maintenant que les choses sont dites, voyons qu’est-ce qui dans mon article pourrait être « diffamant » ou « injurieux » selon vos propres termes utilisés dans votre courrier adressé à la paroisse et daté du 23 octobre dernier. Mais avant, il serait utile de nous mettre d’accord sur la définition de la diffamation et de l’injure.

Selon Wikipédia, la diffamation est un concept juridique désignant le fait de tenir des propos portant atteinte à l'honneur d'une personne physique ou morale. La plupart du temps, il ne peut y avoir de diffamation que si l'accusation est appuyée par des contre-vérités.Ce type d'infraction existe depuis le droit romain. Le délit de diffamation peut être rapproché du droit à la vie privée, qui est équilibré avec le respect du droit à la liberté d'expression. Les gouvernements qui abusent des procédures de diffamation sont accusés de manier celle-ci comme moyen de censure.

Je ne vous cache pas que je vous soupçonne de vouloir user des menaces de poursuite en diffamation à mon égard pour faire de la censure politique ce qui, si cela s’avérait vrai, ne serait qu’un moyen de chercher à faire taire vos opposants politiques, ce qui montrerait à quel point vous avez peu d’estime pour la démocratie. Mais nous n’en sommes pas là, je vous laisse le bénéfice du doute, pour l'instant.

Selon le Larousse, l’injure est une expression outrageante qui ne renferme l'imputation d'aucun fait précis. Il me revient donc de préciser les faits des propos que vous estimeriez injurieux. Si vous faisiez l’effort de me les communiquer, je me ferai un plaisir de vous les détailler.

Je vais néanmoins tenter d’apporter quelques précisions sur mon précédent article.

La bourgade peuplée d’irréductibles socialistes faisait bien entendu référence un célèbre village gaulois plein d’habitants entêtés mais sympathique. Je n’usais pas de la comparaison pour le côté sympathique, comme vous vous en doutiez, mais plutôt pour l’entêtement à résister à une république.

Concernant justement les valeurs de la République que je vous reproche de ne pas respecter, je les précise dans le même article : le droit de propriété puisque vous détournez le droit de préemption à des fins politiciennes, le droit de culte puisque la préemption empêchera la communauté de s’agrandir et donc la pousse à quitter la ville, et la fraternité puisque vous inventez des difficultés entre les habitants et les paroissiens.

Sur le fait que vous méprisez l’électorat copte, je fais référence à vos propos sur l’origine géographique des fidèles. Vous avez, à tort et à maintes reprises, soutenu que la paroisse attirait principalement des fidèles non colombiens. Au-delà des vues électoralistes évidentes de vos propos, vous montrez là un mépris immense pour un électorat qui ne serait pas suffisamment nombreux sur la ville.

Quant aux propos concernant l’absence de base légale à la préemption, tout cela est bien justifié et le juge administratif tranchera si vous vous entêtez dans votre absurde vendetta. Vous avez construit de toute pièce un projet après avoir su que les paroissiens souhaitaient acquérir le terrain. Vous ne connaissiez même pas les tenants et les aboutissants du projet quand Laurent Trupin vous a interpellé en plein conseil municipal sur le sujet. Vous ne pouviez préparer à l'avance une réponse comme ce fut le cas lors du dernier conseil.

Vous avez donc finalement dit le fond de votre pensée : vous vouliez empêcher la paroisse de grandir. Le projet est accessoire, un simple moyen de tenter de rester dans la légalité. Mais si vous parvenez à tromper la loi, vous ne tromperez pas aussi facilement les coptes, les paroissiens et les habitants.

La référence au Far-West et à l’homme qui tire plus vite que son ombre faisant bien entendu référence à Lucky-Luke, même si dans ce cas, ce n’est pas un compliment puisque votre ombre a honte de vous suivre.

L'usage du mot malhonnête est également justifié. Pour moi, vous usez malhonnêtement des problèmes de stationnement pour monter des habitants les uns contre les autres alors que vous avouez vous-même dans les colonnes du Parisien que ces problèmes proviennent de la concentration des équipements publics dans une même rue (crèche et école en semaine, la paroisse le dimanche matin).

Enfin la référence à Moubarak est légitime, ce dictateur a oppressé tout un peuple mais il a également beaucoup donné aux coptes par rapport à ces prédécesseurs. Sous son régime, certes sanguinaire, il a permis l’ouverture et l’extension de lieux de culte chrétien assez facilement, du moins en faisant moins de difficultés que vous à Colombes. C’est en tout cas mon point de vue.

Enfin, la référence à Charm el-Cheick est de vous. Combien de Colombiens n’ont-ils pas remarqué vos doux bronzages en plein hiver. Ne vous êtes-vous pas vanté publiquement de faire de la plongée et notamment en Égypte dans cette belle station balnéaire ? N’y êtes-vous pas aller au moins deux fois puisque c’est le nombre de fois où je vous ai entendu publiquement le dire ? Ce qui est dit par un personnage public en public n’est plus privé. Et lorsque l’on part deux fois dans cette ville, on a forcément rencontré au moins un copte et on est sensibilisé aux difficultés que rencontre cette communauté. Agir de cette manière en sachant tout ce que cette communauté souffre de persécutions, est ressenti comme une trahison violente, d’où l’image utilisée dans mon article.

Vous le voyez, Monsieur le Maire, il n’y a ni injure, ni diffamation, simplement le point de vue d’un citoyen révolté par votre comportement. Maintenant, je serai heureux qu’à l’avenir, quand vous recevrez une délégation copte, vous passiez plus de temps à chercher une solution équitable qu’à vous en prendre à moi.

Si vous avez quelque chose à me dire, n’hésitez pas à le faire en face, en public ou en privé à votre convenance.
D’ailleurs, la solution équitable la plus juste, la plus simple et la moins chère est encore celle que la communauté copte vous propose ! Mais je ne suis pas certain que la justice soit votre préoccupation première ou que les finances de la ville que vous avez détériorés comme jamais vous soucient vraiment.

Veuillez recevoir, Monsieur le Maire, mes sincères salutations.

Samuel Metias 
Citoyen, colombien, français et libre,
Fait de la politique en ne maniant ni le mensonge ni la langue de bois,
Copte et fier de l’être,
Délégué de l’UDI / Parti Radical 
1ère circonscription des Hauts-de-Seine
Colombes – Gennevilliers – Villeneuve-la-Garenne